12.10.2009

2+1

Un studio sympa, chambre en mezannine sous les toits. Une garçonnière chaleureuse mais silencieuse. Ennuyeuse de solitude. Frustrante sans sexe. Le sexe. Toujours abordé de façon intangible avant de passer à l'acte. Une opportunité de changer. Le sexe pour le sexe. Avec des personnes que l'on ne connaît pas, que l'on ne connaîtra peut être plus. Cela a commencer ainsi, par une inscription sur un site de rencontre. De rencontre par et pour le sexe.
Une facilité déconcertante à trouver des partenaires disponibles. Même immédiatement. Pas plus de deux jours pour avoir un rendez vous avec un couple dont la femme petite et fine n'a pas hésité longtemps avant de me contacter par téléphone.
Rendez vous est pris dans un endroit public, avant d'atterir chez moi pour prendre un premier verre.
Lui assez âgé, embonpoint, aucune envie d'avoir à sentir ne serait-ce qu'un effleurement de sa part pour ce qui devrait suivre. Mais il n'était pas là pour cela. Il était là pour qu'elle se donne. Pour qu'elle ne craigne rien. Pour surveiller que cela se passe bien. Peut être pour jouer les voyeurs également. Il était gentil, prévenant. Préférant prêter sa femme plutôt que de la perdre.
Elle fidèle à ses photos. Petite, fine. Fumeuse, mais pas ce soir. Pour moi.
Première expérience de ce type pour ma part. Comment aborde-t-on le thème de la soirée ? Qui commence? Qui donne le La ?
Elle? J'ai pensé que oui. Un regard de sa part, une question de la mienne pour pouvoir la toucher, la gouter, et j'ai donné l'impression d'en être l'initiateur. C'était à leur goût: les initiateurs étaient rares paraît-il.
Peau mate, agréable, goût poivré de cigarette mentholée, cela ira. Son corps se tend sous mes mains, se presse contre le mien. Direction chambre. Le mari sur nos talons.
Sa chemise tombe, son jean et son soutien gorge volent. Voilà la belle en string, me déshabillant. Nu, sa langue dans ma bouche, sa main sur mon sexe, le mari à deux mètres de nous. Petit conciliabule entre eux. Il ne se joignera pas à nous." Non, vas-y..."
Plus de string, nos deux corps chauds l'un contre l'autre, les mains entre les jambes de l'autre. J'ai goûté de nombreuses parcelles de son corps tandis qu'elle s'evertuait à me faire jouir. Qui allait gagner ? Prem's !! Elle a gagné. Il fallait prendre les choses en main. Ou en bouche. Ou les deux. Ma tête entre ses jambes. Le candauliste n'était plus présent pour nous, pour moi du moins. Son bassin se pressait contre ma bouche, son sexe coulait sur mes lèvres, ma langue, jusqu'à ce que mes cheveux soient tirés un peu plus fort, que son corps se tende, que son vagin se contracte sur mes doigts. Et elle est devenue folle. Une folie sexuelle effrenée. Elle m'a repoussé, retourné, s'est saisi de mon sexe pour le branler et l'aspirer. Aspirer mon sperme si je ne daignais point jouir à nouveau. A mon tour d'être plus bestial, de tirer ces cheveux afin de la ralentir quand je sentais que cela venait, de promener mes mains sur son corps et dans ses orifices. Jusqu'à en jouir. Un dernier baiser profond avant l'acalmie. Au goût de sperme, cyprine, tabac mentholé et frissons d'orgasmes.
Dénouement. Détente des corps sous les yeux du mari toujours présent. Massage lent avant le départ.
Elle m'a rappelé mais je n'étais point disponible, vraiment, aucune fuite déguisée. Ensuite coordonnées et téléphone perdus. Dommage, on aurait bien aimé voir comment cela dégénérerait entre nous sans un voyeur. Histoire de se lâcher encore plus.
Première expérience réussie de sexe pour le sexe. Et dernière aussi. Réussie en tout cas.

Commentaires

John, j'ai lu ce texte avec beaucoup d'intérêt...
Tu as été apprenti libertin ?
Je vais citer quelques points qui me semblent intéressants au delà du plaisir ambiant à la lecture de cette scène.
- Préférant prêter sa femme plutôt que de la perdre - c'est dommage pour lui de vivre l'échange comme ça, il y a aussi des hommes qui prêtent leur femme dans un plaisir commun...tous les cas de figure existent.
- Sa chemise tombe, son jean et son soutien gorge volent- Je comprends bien ici que c'est du vécu, mais je trouve vraiment dommage que les dames qui vont à ce genre de rendez vous n'imaginent pas de tenue plus sexy qu'un simple jean...
- Dommage, on aurait bien aimé voir comment cela dégénérerait entre nous sans un voyeur. Histoire de se lâcher encore plus.
Je note ici une situation "dangereuse" la dame n'est pas fidèle à son mari et comme souvent, il arrive que dans le couple un des deux pratiquent l’échangisme/triolisme "histoire de se trouver un nouveau compagnon".
Règle d’or des vrais libertins : Ne jamais ne voir de partenaires sexuels en privé...
La perte de coordonnées a sans doute été salvatrice...
Chez les libertins il y a de tout, essayons de s'entourer de gens équilibrés, sans ambigüité...Pour le plaisir de tous.
Nous noterons également qu'il existe une multitude de femmes seules qui cherchent un partenaire de jeu et un cavalier pour aller en soirées.
Pas évident, hein?
Sans vouloir être moralisatrice, à ton intention ainsi qu'à celle de tes lecteurs je tiens à dire que ce qu'on voit de l'extérieur n'est pas toujours aussi lisse qu'il n'y parait.
Lot off kisses

Ecrit par : Miss Anis | 12.10.2009

Je vais essayer de répondre de façon ordonnée et cohérente mais il m'arrive de partir sur d'autres idées entre temps, donc indulgence requise.
Je ne sais pas comment il vivait le ou les plaisirs de sa femme. Je ne voulais pas en savoir davantage sur eux, le but était vraiment de résumer la relation au sexe. Y intégrer le moins de relationnel possible. La courtoisie et le respect présents mais sans plus. Je n'avais jamais testé. Il me fallait toujours une connexion neuronale pour aller plus loin.
Ce qui me fait aborder le 3 ème point directement: son conjoint était plus proche du candauliste que du libertin. Une fois rassuré sur la situation de l'amant, il laisse sa femme seule avec lui lors des ébats. Et cela m'est arrivé une seconde fois avec un autre couple. Aucune ambiguïté sur les désirs de la femme.
Quand à sa tenue, merci de penser à moi et à mon plaisir visuel, Miss Anis. Je n'avais pas eu d'exigence à ce sujet non plus il est vrai. C'est plus la situation que les atours que je désirais tester. Mais il est vrai que sentir le haut d'un bas ou un porte-jarretelle en effleurant une jupe peut faire monter la température avant même d'avoir commencé quoi que ce soit.
Et rien n'est lisse, jamais. Il y a toujours une petite aspérité, une impefection qui ne fait que souligner le plaisir de jouir du reste.

LoK (je vous vole la formule et m'approprie une abréviation ;-))

Ecrit par : John@MissAnis | 12.10.2009

Peut-être la dernière (fois) avec ce couple-là ... pour le reste, on a un peu de mal à y croire.

Lèche langoureuse ...
(tant qu'on est aux abréviations, LL, ça veut dire que j'ai apprécié le récit)

Ecrit par : Calia | 13.10.2009

Pour le reste... Me serais-je mal exprimé ?
Ah, oui, c'est ambigu en effet, j'aurais dû écrire: "Dernière réussie en tout cas" pour conclure.
Sexe pour le sexe, à deux, à trois, en hhf ou ffh et même une tentative à 4 ffhh avortée. Le point commun? La motivation des gens est primordiale sinon, les atomes crochus n'étant pas présents non plus, cela ne mène nulle part. Ou vraiment pas loin.

Ecrit par : John@Calia | 13.10.2009

je suis ravie d'avoir trouvé votre chez-vous virtuel... que d'émois...

Ecrit par : Succuba | 15.10.2009

Bienvenue.
Et à bientôt.

Ecrit par : John@Succuba | 16.10.2009

C'est étrange mais lorsqu'il s'agit de sexe pour le sexe j'ai souvent l'impression de ne pas être à ma place...

Toutes mes excuses pour le basic intinct façon Michael + psy brune

sourires

Ecrit par : Maître Décadent | 16.10.2009

Je ne vous excuse pas Maître Décadent.
Je n'ai pas à vous excuser.
Il n'y a pas de raison de demander des excuses.
Il n'y a pas eu d'incident, ni même de malentendu, juste des collisions de pensées communes, à trois.
Je trouve cela plutôt pas mal.

Ecrit par : John@MaîtreDécadent | 16.10.2009

On m'appelle???? Rire!!!!
Désolée j'ai pas pu me retenir... sourire...
Mais je suis assez d'accord avec Maitre, le sexe pour le sexe, sans un minimum de connivence, sinon cela devient hygiénique, si je peux me permettre...
Mais une sensation d'exceptionnel, d'unique, de transgression, de révélation, ce n'est pas moi qui vais tirer à vue.
Il y a des rencontres qui se font, et il ne faut pas se demander pourquoi, juste le vivre pleinement... et comme je le dis souvent... Tant que c'est entre adultes consentants.
Bisous bisous John...

Ecrit par : Beaverstef | 17.10.2009

Une bonne définition du sexe pour le sexe ici:
http://maissansrire.canalblog.com/archives/2009/10/21/15502275.html#comments

Ecrit par : John | 21.10.2009

Pourquoi la dernière ?

Ecrit par : VéroPapillon | 22.10.2009

Dernière dans le sens "dernière vécue". Depuis deux autres ne m'ont pas donné satisfaction. Etrangement, il s'agissait dans chaque cas de trios. Je ne sais pas encore gérer le sexe pour le sexe à deux.
Ce n'était pas "dernière" dans le sens "on ne m'y reprendra plus", non. Avec l'expérience et mon âge avancé, la sagesse m'a appris à ne point dire "fontaine je ne boirais pas de ton eau.." mais plutôt "qu'il fait soif !"

Ecrit par : John@VéroPapillon | 23.10.2009

@ Miss Anis »
« Règle d’or des vrais libertins (...) » : je déteste cette expression. Pourquoi y aurait-il des vrais et des faux libertins ? Y a-t-il une norme européenne pour certifier qui peut ou non se réclamer du label ???
Non, il y a des personnes et leurs envies. Pourquoi cataloguer aussi brutalement ?

@ John » Première incursion chez vous après vous avoir pourtant longtemps côtoyé chez Mademoiselle Six. J'aime bien ce texte qui est à mes yeux un parfait dosage de crudité et de retenue, de dissimulation et de sincérité.

Ecrit par : Comme une image | 01.12.2009

Welcome CUI.
Concernant Miss Anis, j'ai fait une remarque similaire il y a peu sur son blog, en lui demandant pourquoi le milieu libertin serait différent de la société en général avec toutes ses facettes aussi différentes les unes des autres. Elle sait qu'elle idéalise ce monde à travers ses envies personnelles et cela transparaît dans ses propos.

Ecrit par : John@CUI | 02.12.2009

Ecrire un commentaire