29.10.2009

rêVe

Je ne l'ai plus vue depuis prés de cinq lustres mais elle a ressurgi du passé, dans ma mémoire, dans mon sommeil. Je l'ai connue jeune, elle m'a connu timide. Seuls dans une maison vide, en jupe courte, ses longues jambes à la peau mate à portée de regard, à portée de main. Et rien n'est arrivé. Trop reservé, trop gauche, trop jeune, je n'ai pas fait le premier pas. Elle non plus, à mon grand désarroi actuel.
Ma timidité a été compensée par les neurones. Ils se sont chargés de créer une virtualité pour nous. Des retrouvailles improbables, irréalistes, mais n'est ce pas là le principe même d'un scénario virtuel ?
Je me retrouve dans son bureau, des sourires sur nos visages comme il y a longtemps, l'impression que l'on s'est toujours cotoyés depuis, juste avec un trou de mémoire énorme à combler. Et lorsqu'elle se retrouve devant moi, près de moi, son "Alors?" m'attire sur ses lèvres.  Vous savez ce moment où l'on se dit qu'il faut le faire, où tout votre corps ne peut s'en empêcher, cette crainte d'être rejeté mais dont on passe outre, pour ne point regretter ensuite. Les premiers baisers, qui ne sont jamais comme les suivants. Nos lèvres se séparent, je la vois sourire. C'est un go. Je continue. On est interrompus. Aucun doute sur ce que l'on faisait, personne ne relève même si elle devient rouge, croisant les bras comme pour cacher une nudité inexistante. 
Mais l'aube est déjà là. J'ai toujours détesté ce demi sommeil matinal propice aux rêves les plus étranges. Avec sa frustration d'histoires inachevées.
Je vois déjà la déception de ceux qui voulaient plus qu'un rêve d'amourette au baiser quasi chaste.
Mais imaginez la mienne, car penché pour ce baiser, j'appercevais son décolleté, le haut de ses seins à la peau toujours aussi mate. Une envie de savoir si elle serait aussi douce que ces lèvres, si ses jambes sont toujours aussi effilées. Même si ce n'était qu'une création de mon cerveau, les sensations, elles, étaient réelles.

16.10.2009

Dépendance

Comment peut-on dépendre à ce point des autres ? De leur regard, de leur opinion sur soi, de l'importance qu'ils nous accordent. Au point d'exagérer chaque événement de la vie, dans un sens ou dans l'autre. Pour se sublimer au delà du réel ou se poser injustement en victime afin d'attirer les consolations de tous voire de n'importe qui ?
Ne pas voir la chance d'avoir une famille, des êtres proches prêts à t'aimer sans condition. Toujours voir l'herbe plus verte ailleurs sans tenir compte de sa sécheresse passée ou à venir. Nourir ainsi sa jalousie et essayer de devenir plus attractif que ce pré si vert. Et si cela ne marche pas, se défouler, cracher sa bile sur ceux qui se trouvent à proximité, qui ont commis d'irrécupérables et éternelles erreurs par le passé. Ce passé qui pésera toujours à en gâcher la vie au lieu de penser au futur.
On a tous un besoin de reconnaissance intérieure et extérieure. Un côté Narcisse et un autre star. Mais il faut en avoir un plus spectateur aussi. Limite voyeur, qui prend du plaisir au spectacle qui l'entoure.

12.10.2009

2+1

Un studio sympa, chambre en mezannine sous les toits. Une garçonnière chaleureuse mais silencieuse. Ennuyeuse de solitude. Frustrante sans sexe. Le sexe. Toujours abordé de façon intangible avant de passer à l'acte. Une opportunité de changer. Le sexe pour le sexe. Avec des personnes que l'on ne connaît pas, que l'on ne connaîtra peut être plus. Cela a commencer ainsi, par une inscription sur un site de rencontre. De rencontre par et pour le sexe.
Une facilité déconcertante à trouver des partenaires disponibles. Même immédiatement. Pas plus de deux jours pour avoir un rendez vous avec un couple dont la femme petite et fine n'a pas hésité longtemps avant de me contacter par téléphone.
Rendez vous est pris dans un endroit public, avant d'atterir chez moi pour prendre un premier verre.
Lui assez âgé, embonpoint, aucune envie d'avoir à sentir ne serait-ce qu'un effleurement de sa part pour ce qui devrait suivre. Mais il n'était pas là pour cela. Il était là pour qu'elle se donne. Pour qu'elle ne craigne rien. Pour surveiller que cela se passe bien. Peut être pour jouer les voyeurs également. Il était gentil, prévenant. Préférant prêter sa femme plutôt que de la perdre.
Elle fidèle à ses photos. Petite, fine. Fumeuse, mais pas ce soir. Pour moi.
Première expérience de ce type pour ma part. Comment aborde-t-on le thème de la soirée ? Qui commence? Qui donne le La ?
Elle? J'ai pensé que oui. Un regard de sa part, une question de la mienne pour pouvoir la toucher, la gouter, et j'ai donné l'impression d'en être l'initiateur. C'était à leur goût: les initiateurs étaient rares paraît-il.
Peau mate, agréable, goût poivré de cigarette mentholée, cela ira. Son corps se tend sous mes mains, se presse contre le mien. Direction chambre. Le mari sur nos talons.
Sa chemise tombe, son jean et son soutien gorge volent. Voilà la belle en string, me déshabillant. Nu, sa langue dans ma bouche, sa main sur mon sexe, le mari à deux mètres de nous. Petit conciliabule entre eux. Il ne se joignera pas à nous." Non, vas-y..."
Plus de string, nos deux corps chauds l'un contre l'autre, les mains entre les jambes de l'autre. J'ai goûté de nombreuses parcelles de son corps tandis qu'elle s'evertuait à me faire jouir. Qui allait gagner ? Prem's !! Elle a gagné. Il fallait prendre les choses en main. Ou en bouche. Ou les deux. Ma tête entre ses jambes. Le candauliste n'était plus présent pour nous, pour moi du moins. Son bassin se pressait contre ma bouche, son sexe coulait sur mes lèvres, ma langue, jusqu'à ce que mes cheveux soient tirés un peu plus fort, que son corps se tende, que son vagin se contracte sur mes doigts. Et elle est devenue folle. Une folie sexuelle effrenée. Elle m'a repoussé, retourné, s'est saisi de mon sexe pour le branler et l'aspirer. Aspirer mon sperme si je ne daignais point jouir à nouveau. A mon tour d'être plus bestial, de tirer ces cheveux afin de la ralentir quand je sentais que cela venait, de promener mes mains sur son corps et dans ses orifices. Jusqu'à en jouir. Un dernier baiser profond avant l'acalmie. Au goût de sperme, cyprine, tabac mentholé et frissons d'orgasmes.
Dénouement. Détente des corps sous les yeux du mari toujours présent. Massage lent avant le départ.
Elle m'a rappelé mais je n'étais point disponible, vraiment, aucune fuite déguisée. Ensuite coordonnées et téléphone perdus. Dommage, on aurait bien aimé voir comment cela dégénérerait entre nous sans un voyeur. Histoire de se lâcher encore plus.
Première expérience réussie de sexe pour le sexe. Et dernière aussi. Réussie en tout cas.

06.10.2009

A.gain

Once upon a time in the West, I met a girl. We liked each other, kissed, fucked, shared a pot, even made love. We split up. Don't really know how and why. It all took place so quick. Shit happens. But we never really lost each other. Emails once in a while. Four years later we met again. Weird to hear me on the phone she said. Weird ? Didn't sound good. Well, to late to cancel. The first minutes were...weird indeed. A little coldness in her voice. Softened after a beer...or two. And the ice melted. But nothing more. Four years to catch up on one and only evening. The good night kiss was somehow distant. Not really cold, just some sadness all over it.
I had to tell her I enjoyed these moments though. Got a message back: "Don't change". Wasn't that bad after all.
Same girl, same place, one year later. Only two phone calls and a few emails in between but the ice melted quicker. A lot quicker. Let's blame it on the global warming. We were able to talk, laugh about our past as a couple. About what we liked and disliked. About how we made love windows open and sometimes overnight . Yes, I know, I was younger, don't need a reminder.
Talking about how I made her suffer once, without even noticing. No hard feelings though.
We didn't want this evening to come to an end. But it did. And no, you'll not have the sex night you're expecting here described because there was none. I craved for some, sure. She is gorgeous and I'm "only" a man. I even undoubtfully thought, after the "few" drinks I had, that she was asking for it too. I just didn't want her to be a one night stand. Unless she didn't mind. I felt she did ...

05.10.2009

Dragueur à la noix

Intérieur jour.
La laisse éléctronique vibre en pleine réunion. "Appel n° inconnu".
Je ne vais pas interrompre une merveilleuse discussion sur le pourquoi du comment des cette solution technique vis à vis des considérations pécuniaires de son utilisation pour quelqu'un qui ne veut se faire connaître. Et je suis sérieux, il y des moments où j'aime me triturer les neurones sur des sujets cartésiens que je maîtrise.
Fin d'après midi, même jour. Même appel. Cela devient lassant, agaçant. Malgré le temps dont je dispose dorénavant, je décide de frustrer un peu plus cette personne. Une bête vengeance pour cause d'anonymat. Il me suffirait de décrocher pour savoir à qui j'ai affaire? "Bête" ai-je dit, suivez donc...
Extérieur nuit.
Température douce, nuit agréable que l'on aimerait continuer à l'infini. Vibrations. Numéro visible mais inconnu à mon répertoire. Renvoi sur messagerie. Message. Grosse voix mâle: "C'était moi tout à l'heure, rappelle-moi s'il te plaît".
Un bref récapitulatif de la situation dans ma tête. Non, je ne connais pas cette voix, grave mais non virile, sans charme. Non , je ne connais pas son numéro de téléphone. Non, je n'ai pas déambulé ces derniers soirs de célibat avec des subastance légales ou non dans la tête, à faire connaissance avec des êtres à la voix grave au point de ne pas m'en souvenir.
Simple erreur de numéro, il s'en rendra compte.
Intérieur jour le lendemain.
Appel n° inconnu. Il ne s'en est donc pas rendu compte. Il faut aider se pauvre erre. Je décroche de ma voix professionnelle, sérieuse , posée, tout mon contraire. Silence. Raccrochage. Je lui ai fait peur.
Intérieur nuit.
Appel n° inconnu.
Je décroche : "Allo"
La voix de la veille: "Heuu ... oui...je pourrais parler à la demoiselle ?"
Je doute fort qu'il veuille joindre ma fille sur mon portable.
"Quelle demoiselle ?"
"Je ne me rapelle plus de son nom..." !!!!???!!!!
J'ai presque eu pitié de lui.
Il a fallu un peu de temps pour convaincre ce Monsieur qu'il s'agit de mon téléphone, de mon numéro, que je n'ai pas changé de sexe depuis deux jours, que l'on ne s'est pas vus et que même si l'on s'était rencontrés, je lui aurais laissé un souvenir imperrissable de mon prénom !!!
Il s'est excusé, la Demoiselle doit en rire encore.
On ne doit douter de rien quand on est persuadé d'avoir obtenu le numéro de téléphone d'un membre du beau sexe dont on ne se souvient même pas du prénom.
Quand on en arrive à harceler ce numéro de téléphone malgré les messages laissés et sans réponse. Quand on en arrive à demander à parler à la personne convoitée à quelqu'un qui aurait pu être son homme.
Ne doute-t-on plus même quand on se rend compte que l'on s'est fait berner ?

Parcequ'il faut rendre à Caesar... : les daln ne font pas que des souris comme victimes.

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