03.12.2009
Présence
C'était à l'époque où je ne partageais plus mon lit, où j'avais une surface plus que nécessaire pour étendre mes membres en long et en large sans déranger personne, bien que l'habitude des années me poussaient irrémédiablement à occuper ce côté gauche du lit, le regard tourné vers le rebord, le visage face à la fenêtre. Lors d'une nuit comme il y en a tous les 28 jours, pleine lune illuminant la chambre, le jour en pleine nuit. Pendant un de ces instants que chérissais Montaigne, si je ne me trompe, où l'on se réveille en pleine nuit avec le plaisir de savoir que l'on va se rendormir. L'instant d'un clignement des yeux, elle était là debout à côté du lit.
Elle était là, à contre jour de cette lumière lunaire, la tête légérement baissée, comme attentive à mon repos. Elle était là, nue, une longue chevelure ondulée sur les épaules. Nue, dans l'ombre de son contre jour, avec l'impossibilité de distinguer, surtout l'espace de cette fraction de seconde, le moindre détail de son visage. Mon premier reflèxe face à cette vision rassurante fut de remonter les couvertures afin de me rendormir. C'était sans compter l'éveil de la logique: tu es seul, tu es rentré seul la veille, alors qui veille ainsi sur toi ? Ce ne fut plus un clignement, mais deux yeux bien grands ouverts, un coeur battant la chamade. Même angle de vue, même fenêtre, même lune, même pénombre. Mais sans elle. Je ne me suis pas rendormi de sitôt, guettant le moindre bruit suspect, essayant de faire le tri entre le craquement de la charpente et les bruits des animaux nocturnes. Je ne savais plus vraiment si je préférais sa présence ou son absence.
La solitude s'arrange même de personnages imaginaires. Parcequ'elle n'avait la silhouette d'aucune femme connue. Ni mère pour un quelconque complexe d'Oedipe, ni ex pour un quelconque remord. Je l'ai toujours imaginée autour depuis. Jusqu'à ce que je quitte cet endroit. Et depuis, elle me manque parfois, souvent.
09:15 Publié dans Cerveau du haut | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
29.10.2009
rêVe
Je ne l'ai plus vue depuis prés de cinq lustres mais elle a ressurgi du passé, dans ma mémoire, dans mon sommeil. Je l'ai connue jeune, elle m'a connu timide. Seuls dans une maison vide, en jupe courte, ses longues jambes à la peau mate à portée de regard, à portée de main. Et rien n'est arrivé. Trop reservé, trop gauche, trop jeune, je n'ai pas fait le premier pas. Elle non plus, à mon grand désarroi actuel.
Ma timidité a été compensée par les neurones. Ils se sont chargés de créer une virtualité pour nous. Des retrouvailles improbables, irréalistes, mais n'est ce pas là le principe même d'un scénario virtuel ?
Je me retrouve dans son bureau, des sourires sur nos visages comme il y a longtemps, l'impression que l'on s'est toujours cotoyés depuis, juste avec un trou de mémoire énorme à combler. Et lorsqu'elle se retrouve devant moi, près de moi, son "Alors?" m'attire sur ses lèvres. Vous savez ce moment où l'on se dit qu'il faut le faire, où tout votre corps ne peut s'en empêcher, cette crainte d'être rejeté mais dont on passe outre, pour ne point regretter ensuite. Les premiers baisers, qui ne sont jamais comme les suivants. Nos lèvres se séparent, je la vois sourire. C'est un go. Je continue. On est interrompus. Aucun doute sur ce que l'on faisait, personne ne relève même si elle devient rouge, croisant les bras comme pour cacher une nudité inexistante.
Mais l'aube est déjà là. J'ai toujours détesté ce demi sommeil matinal propice aux rêves les plus étranges. Avec sa frustration d'histoires inachevées.
Je vois déjà la déception de ceux qui voulaient plus qu'un rêve d'amourette au baiser quasi chaste.
Mais imaginez la mienne, car penché pour ce baiser, j'appercevais son décolleté, le haut de ses seins à la peau toujours aussi mate. Une envie de savoir si elle serait aussi douce que ces lèvres, si ses jambes sont toujours aussi effilées. Même si ce n'était qu'une création de mon cerveau, les sensations, elles, étaient réelles.
12:12 Publié dans Cerveau du haut, Les Belles, Sexe | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
06.10.2009
A.gain
Once upon a time in the West, I met a girl. We liked each other, kissed, fucked, shared a pot, even made love. We split up. Don't really know how and why. It all took place so quick. Shit happens. But we never really lost each other. Emails once in a while. Four years later we met again. Weird to hear me on the phone she said. Weird ? Didn't sound good. Well, to late to cancel. The first minutes were...weird indeed. A little coldness in her voice. Softened after a beer...or two. And the ice melted. But nothing more. Four years to catch up on one and only evening. The good night kiss was somehow distant. Not really cold, just some sadness all over it.
I had to tell her I enjoyed these moments though. Got a message back: "Don't change". Wasn't that bad after all.
Same girl, same place, one year later. Only two phone calls and a few emails in between but the ice melted quicker. A lot quicker. Let's blame it on the global warming. We were able to talk, laugh about our past as a couple. About what we liked and disliked. About how we made love windows open and sometimes overnight . Yes, I know, I was younger, don't need a reminder.
Talking about how I made her suffer once, without even noticing. No hard feelings though.
We didn't want this evening to come to an end. But it did. And no, you'll not have the sex night you're expecting here described because there was none. I craved for some, sure. She is gorgeous and I'm "only" a man. I even undoubtfully thought, after the "few" drinks I had, that she was asking for it too. I just didn't want her to be a one night stand. Unless she didn't mind. I felt she did ...
15:27 Publié dans Cerveau du bas, Cerveau du haut, Les Belles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
31.08.2009
Tag
Taggé par Miss Anis, je m'incline.
Il faut dire que ce n'est pas un sujet qui me déplait ce qui rend la tâche plus aisée. Et, oui, quand je parle de la tâche, je peux parler de moi également .
Taggé donc sur les lectures.
1 - Plutôt corné ou marque page ?
Marque page, mais improvisé: un ticket de metro, train ou avion, la liste des courses, le crayon que je machouillait en lisant. Le marque page du moment en quelque sorte.
2 - As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui. Je m'en suis fait moi même cadeau parfois.
3– Lis-tu dans ton bain ?
Cela m'est arrivé, dans un minuscule émirat. Quite à être nu et lire en pleine chaleur autant l'être dans un bain.
4 – As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Pensé à écrire, oui. Pensé à passer à l'acte, non. Quelques pages ne feront jamais un livre.
5 – Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Tant qu'il n'y a pas autant de volumes que d'épisodes de The Young and The Restless ...
6 – As-tu un livre culte ?
Culte. Un mot que la diversité a du mal à cerner. N'ayant pas de type de lecture, je ne trouve pas d'ouvrage répondant à ce mot si fort. " Le sabotage amoureux " m'a peut être plus touché de par certians épisodes de ma vie qui s'en rapprochent beaucoup. Ajouter à cela le style, l'humour, les références evoquées et il sera toujours particulier pour moi. De là à le définir culte, c'est une pas que je ne franchirais pas.
7 – Rencontrer ou non l’auteur du livre ?
Oui... Non... Oui... A vos risques et périls: certains peuvent vous dégouter de l'oeuvre. Certains seulement. D'autres ne vous font que l'aimer plus. Donc autant risquer.
8 – Aimes-tu parler de tes lectures ?
En parler spécifiquement non. Mais elles reviennent dans mon flot de paroles.
9 – Comment choisis-tu tes livres ?
Parfois par auteur, souvent par hasard.
10 – Aimes-tu relire ?
Jamais. Une impression de me répéter.
11 – Une lecture inavouable ?
Voilà un question bien ambigüe à laquelle, logiquement, il ne devrait y avoir de réponse.
Si inavouable il y a, elle ne sera ici avouée.
Sinon, pas de lecture inavouable, donc pas de réponse.
Me suis-je bien dérobé à la question ?
Un peu plus sérieusement: je n'ai pas honte de mes lectures. Ce n'est d'ailleurs qu'aprés les avoir lues que l'on peut les critiquer (il en va de même pour les films: critquer ce qui a été vu).
Lectures dont on pourrait avoir honte (mais dont je n'ai pas): les livres, blogs et sites sexe. C'était bien le but de la question, non ?
12 – Des endroits préférés pour lire ?
Non. Par contre, à éviter: cinéma et au volant.
13 – Un livre idéal serait pour toi ?
Gratuit.
14- Lire et manger ?
Lire ou manger: les hommes ne savent pas faire deux choses à la fois...
15 – Lecture en silence, en musique, peu importe ?
En sourdine.
16 – le Livre te tombe des mains, tu vas quand même jusqu’au bout ?
C'est comme le sexe, donc non.
17 – As-tu un livre culte ?
Je n'ai toujours pas changé d'avis.
18 – L’auteur que tu regrettes de ne pas avoir lu ?
John Gray. Pour encore plus en rire.
19 – Ton livre de chevet tout de suite ?
Je le cherche.
Voilà. Je ne pense pas que l'on en sache beaucoup plus sur le personnage après ce tag sinon que je suis un mâle, porté sur le sexe (pléonasme), radin et qui a des difficultés à faire des choix dans la vie. Finalement cela peut être assez révélateur .
16:29 Publié dans Cerveau du bas, Cerveau du haut, Et moi et moi et moi, Livre | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
05.08.2009
Cerveau gauche
Absence du blog. Pour cause d'absence physique. Pour cause de cerveau gauche.
Un petit electro choc au cerveau droit et le gauche s'accapare aussitôt du territoire laissé en friche. Mon côté froid et calculateur se met en marche. Etude, analyse, action, logique. Je résoud les problèmes techniques avec une facilité déconcertante. Un sentiment de supériorité s'installe. Un énervement certain lorsque l'on n'arrive pas à suivre ma démarche intellectuelle au même rythme. Comment le pourrait-on ? Mon cerveau gauche a phagocyté le côté droit. Il en a assimilé les fonctions. Utilise l'intuition pour trouver les solutions mais aussi gère la colère envers les autres. Emprisonné ce côté intuitif, spontané si nécessaire pour me laisser aller. Physiquement, épistolairement.
Se lâcher de tout point de vue jusqu'à en ressentir un plaisir que l'on ne veut arrêter. Cela (re) vient.
10:22 Publié dans Cerveau du haut | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note



