19.11.2009
Fantômes
J'aime les fantômes autour de moi. Même si je sais que j'en suis leur créateur, que c'est une pièce que je mets en place dans un univers parallèle au notre. Je ne suis peut être pas normal, mais jamais prétendu l'être.
"J’ai pas envie d’oublier" a dit Next. C'est peut être ce qui me fait le plus peur: oublier, de par la décrépitude de nos neurones, des moments que je chéris avec des êtres qui ne sont plus. Et personne pour me rappeler ces temps perdus.
Il va falloir que j'agisse, je ne sais comment, pour préserver ces lieux désertés, ces maisons vides, ces pièces qui me paraissent plus exiguës du fait de ma taille depuis la dernière visite.
Ces jardins, ces chemins en terre, ces sentiers où la nature a repris le dessus aprés le départ volontaire ou naturel des Hommes, me rassure sur la capacité de la Nature à reprendre le dessus. Mais ce calme impressionnant m'inquiète. Il me faut beaucoup d'imagination pour faire revivre non seulement les personnes mais aussi tous les êtres vivants qui peuplaient ces lieux. Il me faudra bien plus pour arriver à faire revivre ces endroits. Mais ce n'est qu'ainsi que mes fantômes auront le sourire.
11:31 Publié dans Grandir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13.11.2009
Je suis un égocentrique
Le plus gros égocentrique du Monde.
Parcequ'après avoir été quitté, j'ai refait ma vie.
Parceque mes enfants m'aiment toujours autant.
Parceque mes enfants aiment ceux que j'aime.
Parceque mes enfants sont des enfants et ne jugent pas.
Parceque je m'accorde des moments à deux.
Parceque, parceque et parceque.
A cause d'arguments qui peuvent être démontés un par un.
A cause d'une imagination quasi morbide poussant à faire quelque chose de noir de tout ce qui est inconnu..
A cause d'une vie "malheureuse" qu'il faut imputer à quelqu'un.
Mais la plus belle preuve de mon égocentricité: cela ne me démoralise plus.Difficilement reconnaissable dans ce que je lis de moi, je deviens un personnage de roman.C'est un fait divers qui m'est étranger
Un déni dites-vous? Oui, oui, ok. S'il faut un coupable j'avoue le déni. Mon amour propre peut supporter cela.
Pour conclure j'ai toujours aimé cette chanson de Mademoiselle K:
j'suis jalouse à en faire trembler les gens
et même si c'est moi qui casse
j'm'en fous j'veux pas qu'on me remplace
j'imagine tout c'est encore pire,
tu pourrais tomber amoureux
recommencer une vie à deux...
17:12 Publié dans Et moi et moi et moi, Grandir | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16.10.2009
Dépendance
Comment peut-on dépendre à ce point des autres ? De leur regard, de leur opinion sur soi, de l'importance qu'ils nous accordent. Au point d'exagérer chaque événement de la vie, dans un sens ou dans l'autre. Pour se sublimer au delà du réel ou se poser injustement en victime afin d'attirer les consolations de tous voire de n'importe qui ?
Ne pas voir la chance d'avoir une famille, des êtres proches prêts à t'aimer sans condition. Toujours voir l'herbe plus verte ailleurs sans tenir compte de sa sécheresse passée ou à venir. Nourir ainsi sa jalousie et essayer de devenir plus attractif que ce pré si vert. Et si cela ne marche pas, se défouler, cracher sa bile sur ceux qui se trouvent à proximité, qui ont commis d'irrécupérables et éternelles erreurs par le passé. Ce passé qui pésera toujours à en gâcher la vie au lieu de penser au futur.
On a tous un besoin de reconnaissance intérieure et extérieure. Un côté Narcisse et un autre star. Mais il faut en avoir un plus spectateur aussi. Limite voyeur, qui prend du plaisir au spectacle qui l'entoure.
09:50 Publié dans Grandir, Social | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
15.07.2009
L'inconnue du tram
Si jeune, si marié, je me rendais à mon habitude, déjà des habitudes, sur mon lieu de travail. Pas la promiscuité du métro Parisien, juste l'occupation régulière d'un tram. Plein d'étudiants, d'étudiantes, à peine plus jeunes que moi voire plus agés. Je n'accordais alors pas d'importance particulière à ces jeunes femmes, leur fraîcheur physique, leurs parfums si présents. Non, je n'étais pas indifférent, loin de là. J'appréciais ce que mes sens en percevaient. Mais je n'aurais pas cherché à aller plus loin car il y manquait cette décharge d'adrénaline suplémentaire qui défie la raison et réveille en vous le cerveau reptilien.
Mon regard se perdait de visage en visage, comme une lecture vivante à défaut de papier, pour passer le temps. Jusqu'à ce que mes yeux paniquent: j'étais observé en retour. Droit dans les yeux. Le visage serein. Un passe temps commun avec cette jeune femme ? Un tour d'horizon plus tard et le regard était toujours là. Avais-je décelé un léger sourire ? Moqueur ou enchanteur? Mes yeux ne passaient plus que des siens vers le paysage citadin qui défilait. Et plus le temps passait plus l'emballement des sens qui m'avaient toujours fait défaut s'installait en moi. Etre l'objet d'observation éveillait en moi une excitation certaine. Mais qui étais-je pour imaginer être l'objet de l'envie de quelqu'un , une inconnue de surcroit ? Rien n'aurait pu calmer ce plaisir naissant. Aucun mouvement pourtant. Paralysé d'envie et de censure.
Arrêt Facs. Elle hésite, me regarde, ne descend pas. Arrêt suivant, tout le monde descend. Aucune parole, juste le blanc des yeux. Chemins opposés. Quel con...
11:43 Publié dans Et moi et moi et moi, Grandir | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



